La mise en place d’une stratégie RSE chez DOWINO

Episode 1 : L’accompagnement par Elycoop

Fin 2019, Pôle Pixel, Villeurbanne.

Une affiche annonce une réunion d’information sur la RSE, la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Nous avions déjà travaillé pour France télévision sur ce sujet vaste et complexe via un serious game : curieux d’en savoir plus et de voir quel serait l’intérêt pour notre studio, nous y sommes allés.

Pas concernés ?

La première réaction (y compris dans notre équipe, soyons honnête) c’est de ne sentir pas trop concernés par le sujet. Disons qu’en tant que SCOP, une société coopérative dans laquelle la gouvernance et les bénéfices sont partagés, nous avions déjà l’impression d’être une entreprise plutôt “responsable”. Si on ajoute à cela que notre métier c’est de produire des serious games de sensibilisation à des thématiques à fort impact social, que l’équipe fait du vélo ou prend le bus, on pouvait penser qu’on était déjà plus exemplaires que bien d’autres…

Mais ça, c’était avant que l’on creuse sérieusement le sujet, et que l’on comprenne qu’on avait beaucoup de pistes de réflexion ultra-intéressantes.

Car avoir une démarche RSE, ce n’est pas juste acheter du café bio (et issu du commerce équitable) ou penser à baisser la clim en quittant les bureaux ! La RSE, c’est une réflexion beaucoup profonde qui peut nourrir la stratégie et la manière dont l’entreprise s’insère dans son écosystème.

A l’inverse, lancer une démarche RSE, ce n’est pas décider de travailler avec mitaines et bonnets dans des bureaux sous-chauffés, éclairés par de vieilles ampoules fluo-compactes récupérées en lot sur l’appli Geev…

C’est évidemment plus profond et plus inspirant.

L’accompagnement

La réunion d’information était animée par l’AFDAS, venue présenter un dispositif d’accompagnement financier des entreprises qui veulent lancer ou approfondir une démarche RSE, et par le duo de spécialistes Florence Béduneau-Chassaing et Sabine Guichard, consultantes indépendantes et membres de la coopérative d’activité Elycoop.

Pendant cette réunion, on parle d’autodiagnostic, de parties prenantes, de préférence de marque, d’innovation : le sujet est très large, et dépasse de loin la question du café bio ou pas bio, vous avez compris.

On ressort de la réunion convaincus que la démarche peut être très intéressante et qu’il y a quelque chose qui peut nous faire monter d’un cran. On se lance.

Un processus par étapes

Le but est de réussir à concevoir un plan d’actions concrètes spécifique à l’entreprise, à son activité, à ses pratiques existantes et à sa stratégie. La RSE se déploie sur cinq grands axes : la gouvernance, l’économique, le social, l’environnemental et le sociétal, mais ce n’est pas la porte d’entrée, on aborde ces sujets en plusieurs étapes de travail.

La cartographie des parties prenantes

C’est une étape-clé, dans laquelle on va identifier les entités qui gravitent autour du projet de l’entreprise, qui sont liées à son activité. Institutions publiques, clients, prestataires, concurrents, utilisateurs, prospects… En commençant à creuser le sujet on établit très rapidement une constellation de parties prenantes. Le but est ensuite d’évaluer pour chacune son importance pour Dowino, son intérêt à nous voir réussir notre projet et leur capacité à nous aider… ou pas. Car l’inverse est tout aussi possible : des parties prenantes peuvent être des alliés ou des “opposants”.

À partir de cette carte, on commence déjà à voir se dessiner des dynamiques, on voit déjà les synergies à renforcer, ou les lignes à faire bouger pour créer de nouveaux partenariats, de nouveaux produits, de nouvelles méthodes.

Mais à ce stade, on ne décide de rien car il reste d’autres facteurs à identifier pour prendre du recul. Les parties prenantes vont revenir plus tard dans le processus, à la lumière des autres séances de travail…

Les enjeux RSE et les impacts

On peut regrouper ces deux pans de l’accompagnement, car ils sont très liés.

Pour les impacts, il s’agit de prendre du recul et d’identifier de la manière la plus exhaustive possible les impacts positifs comme négatifs de son activité, tout au long de sa chaine de valeur. C’est un exercice très intéressant et surtout qui touche le sens profond du projet d’entreprise. Le fait de s’interroger de front sur les impacts positifs et négatifs permet d’être lucide, de n’être ni dans l’autosatisfaction, ni dans la culpabilité.

Pour les enjeux prioritaires, on cherche à identifier en vue d’avion de grands principes de progrès dans les cinq domaines de la RSE (gouvernance, économique, social, environnemental et sociétal, pour ceux qui lisent en diagonale) : égalité femme/homme ? Insertion ? Gouvernance ? Parité ? Économies d’énergies ? Il y a beaucoup de pistes possibles : il faut se poser des questions de faisabilité, de temps nécessaire, de priorité… Deux entreprises n’auront jamais les mêmes enjeux, on est complètement sur du sur-mesure et ça, ça nous plait !

Les interviews des parties prenantes

Enfin, on shortliste quelques parties prenantes, de différents types pour avoir un panel intéressant, qui sont ensuite interviewées par Sabine et Florence. L’analyse des résultats dresse un tableau très instructif de l’image que renvoie Dowino, des axes stratégiques à privilégier et à renforcer. C’est un peu le principe des entretiens RH à 360°, c’est toujours très éclairant. Et là, on rentre dans ce que cette démarche RSE peut avoir de très inspirant d’un point de vue entrepreneurial.

Le plan d’action

Et pour finir, à la lumière de tous les éléments que le processus a fait émerger, Florence et Sabine nous ont proposé un plan d’action concret. Ces actions, nous les avons challengées, modifiées, parfois écartées, et finalement validées. Cette étape d’arbitrage en interne est très importante pour s’approprier cette démarche RSE, et créer une vraie dynamique au sein de l’équipe, c’est l’aboutissement d’un travail qui a été très collectif et qui va le rester pour mener à bien les actions identifiées.

La RSE pour entreprendre

On ne peut qu’encourager les entreprises à lancer leur propre démarche RSE, en fonction de leurs enjeux, de leurs activité, de leur taille. L’intérêt pour l’entreprise va beaucoup plus loin que les clichés sur la RSE, qu’on assimile trop souvent à quelque chose d’écolo-baba cool, alors que c’est un puissant révélateur. Et en 2021, identifier ses impacts, ses atouts, ses alliés pour ajuster sa stratégie, c’est peut-être simplement la seule manière d’entreprendre de manière responsable, non ?

En plus de fédérer l’équipe et reposer la question du sens de notre travail, il y a forcément des pistes d’actions intéressantes. Et, au moins, d’avoir du bon café !