La mesure d’impact dans un serious game : pourquoi ? Comment ?

Nous en avions déjà parlé dans un article de blog l’année dernière, la mesure de l’impact social est primordiale chez DOWiNO.

Il y a bien sûr des questions d’impact à évaluer au sein même de notre fonctionnement et avec chacune de nos parties prenantes, comme par exemple :

  • Les emplois que nous créons, que ce soit chez nous ou chez nos prestataires (ceux de la fameuse dream team)
  • L’impact carbone de notre travail, purement digital, qui est loin d’être neutre
  • La qualité de vie au travail de nos salariés/sociétaires et la gouvernance mise en place
  • Le choix de nos partenaires : une banque éthique (Crédit Coopératif), un assureur militant (MAIF)…
  • Nos transports au quotidien… etc…

Mais le plus gros impact reste celui que nous avons avec nos projets de serious games ou d’applications ludiques et ceux de nos clients. Alors comment le mesure-t-on et pourquoi ?

Bien évidemment, chacun de nos projets étant créé sur-mesure, on se complique la tâche puisque cela veut dire que la mesure de leur impact va être spécifique à chaque fois.

Prenons dons deux exemples récents :

Smokitten, le serious game pour arrêter de fumer

Pour Smokitten, l’objectif est de sevrer les fumeurs. On doit donc principalement savoir si les joueurs de Smokitten ont bel et bien arrêté ou au moins diminué leur consommation de tabac. C’est à la fois une question simple et unique mais complexe car elle doit être posée à plusieurs reprises à des moments clés du sevrage (1 semaine, 2 semaines, 1 mois, puis tous les mois jusqu’à 6 mois) et les réponses doivent être analysées finement.

A partir de là, on peut extrapoler plein de données telles que les cigarettes non fumées, les économies réalisées etc… Reste plus qu’à les consolider avec l’ensemble des utilisateurs et à les analyser en détail, en croisant avec des caractéristiques socio démographiques (age, sexe, niveau d’addiction via le score Fägerstrom etc…) ou des caractéristiques de jeu (nombre de sessions de jeu, durée moyenne des sessions de jeu, temps passé sur tel mini-jeu, utilisation de telle ou telle fonctionnalité etc…). Et là, mieux vaut faire intervenir un spécialiste car on rentre dans la matrice et le jargon de l’analyse statistique avec de la co-variance, des intervalles de confiance et des boîtes à moustache 😊.

Wasteblasterz, jeu sérieux sur le développement durable

Deuxième exemple avec Wasteblasterz. Dans ce serious game #zerodéchet, notre client (Smart Electric Lyon) souhaitait à la fois sensibiliser le grand public aux bons gestes antigaspi (qu’ils soient énergétiques, thermiques, alimentaires etc…) mais également en savoir plus sur les comportements et les habitudes du grand public sur ces sujets.

Nous avons donc développé un back office leur permettant de poser des questions aux utilisateurs et de remonter de la donnée (anonyme) qualifiée sur leurs consommations et leurs comportements : comment trient-ils leurs déchets alimentaires ? Quels éco-gestes font-ils au quotidien pour économiser de l’énergie ? Lesquels ils ne font pas ? Ont-ils un mousseur pour limiter la consommation d’eau ? etc…

Et là encore, en comparant les réponses à différents moments du jeu sérieux, on obtient des informations très intéressantes sur le changement des comportements induit par celui-ci. Et c’est un formidable indicateur à inclure par exemple dans un rapport RSE !

La mesure d’impact : quel intérêt ?

En conclusion, cette question de la mesure d’impact, bien que complexe à mettre en place, est essentielle car c’est la seule manière de calculer le retour sur investissement d’un projet de serious game ou de game for change. Si on veut vraiment sensibiliser à des thématiques comme l’environnement ou le handicap, si on veut vraiment changer les comportements dans le cadre d’une observance thérapeutique, si on veut former efficacement… il faut s’assurer d’être en capacité de le mesurer.

Une fois mise en place, cette mesure d’impact permettra également de se benchmarker avec d’autres serious games similaires ou abordant la même thématique ou la même cible. Et vu que l’on a déjà travaillé sur plus de soixante projets sur des thématiques sociales ou sociétales, on aura de quoi vous fournir des éléments de comparaison 😉